jeudi 23 février 2017

Bioshock Gothique.

Près de 4 ans après l’échec au box-office de Lone Ranger, spectacle fou de western sauce Pirates des Caraïbes ( non, c’est pas sale ce que je dis ! ) qui n’avait pas trouvé son public ( ah ça, une histoire entièrement basée sur les méfaits de l’homme blanc, ça a toujours du mal à bénéficier d’un bon bouche-à-oreille) , Gore Verbinski revient avec A cure for Wellness, adapté sottement en A cure for life dans les salles européennes francophones ( parce que le public est sans doute trop con pour prononcer wellness ou comprendre le mot…ça va encore aider à ne pas sentir l’élitisme crasse des distributeurs qui se prennent pour des cadors intellectuels ).
Oui, je sais, je râle de plus en plus ouvertement dans ces pages virtuelles. Mais hé, elles sont à moi !

Pourtant, le réalisateur a jadis connu une époque d’état de grâce : son remake angoissant de The Ring et le premier épisode de Pirates des Caraïbes suffisent à le considérer comme ultra-bankable par les studios. Hélas pour lui, trois choses vont venir perturber sa carrière.

Premièrement, Pirates des Caraïbes-Jusqu’au bout du monde va se planter, aux yeux des studios. Ne caressant jamais son public dans le sens du poil ( négligeant l’adage que le spectateur lambda veut être surpris mais pas trop quand même ) et semblant en faire trop, ce troisième opus devient vite conspué. Grand film incompris et maudit par la même occasion,il reste l’épisode le plus intéressant dans ses choix narratifs et esthétiques. Il ne s’agissait pas d’un réalisateur frustré de ne pas être Peter Jackson mais d’un homme offrant (et s’offrant) un ride spectaculaire et inventif de près de 3 heures. Pas étonnant que Zimmer ait livré là une de ses meilleurs B.O ! Le film a coûté presque 300 millions (!!!) de $.
Dans ces conditions, les studios le trouvent dépensier (et ce même si il a rapporte près d’un milliard avec ce seul film ! Un bénéfice de 700 millions, c’est un plantage pour les exécutifs de Disney si le film coûte autant au départ.) . Alors qu’un quatrième opus est quand même envisagé, Verbinski , sentant le vent tourner, prend le large de la saga. Comment continuer à aller de l’avant si le studio sabre le budget et vous coupe les ailes dans le futur. Autant laisser ces désagréments à d’autres ( ce qui arrivera d’ailleurs).
Verbinski se consolera de ces tatanes sur la tronche avec le petit budget Rango, parodie de western en animation anthropomorphique  (entièrement conçue par ILM d’ailleurs).  Une petite récréation en attendant de retrouver la folie d’une grosse production avec son complice d’écriture sur ce film dingo : John Logan. Mais j’y reviendrai.




Deuxièmement, la crise économique mondiale débarque. Pour les studios ? Une broutille, une perte comptable conséquente mais pas horrible. Mais, comme toutes les entreprises de l’époque, Hollywood va profiter de l’excuse pour virer du monde et revoir ses stratégies.
Déjà bien orienté vers un public adolescent ( statistiquement, ce public se déplace bien plus que les autres dans les salles de cinéma) , Hollywood va tout mettre en œuvre pour encore plus lui faire les poches. Explications !
Aux USA (et sur ce niveau les USA sont hyper-centrés sur eux-mêmes : un film peut se planter chez eux et rapporter deux milliards à l’étrangers, ils considéreront la chose comme un échec artistique, allez comprendre) , il existe différentes classifications pour les longs-métrages. Alors que chez nous nous en sommes au simple E.A (enfants admis ) et E.N.A ( enfants , de moins de 16 ans, non-admis) , les français sont déjà plus complets avec des interdictions aux moins de 12 et 16 ans (et le X est international sauf aux States) , les États-Unis croulent sous une masse de classification . 5 en tout ( dont le NC-17, qui remplace le X. Pourquoi faire simple ? ). La grosse faille dont se servent les studios c’est qu’un film interdit aux moins de 17 ans (PG-17) l’est uniquement si l’ado n’est pas accompagné d’un majeur. Bref, ils ne se coupent pas de ce public même s’il est parfois plus difficile ( c’est relatif) à atteindre.
 Et plusieurs films classés R (interdits aux moins de 17 ans tout court) vont être moins rentables que prévus. Dont le fameux Watchmen de Zack Snyder en 2009. Et c’est donc dans le courant de cette année-là que les studios décident de suspendre la production de film R et PG-17 dans la foulée à gros budgets. Un ado qui doit se faire accompagner, ça fait vendre deux places, c’est sûr. Mais un ado qui ne doit convaincre personne, c’est plus rentable. Il peut sortir avec ses potes, etc…bref, on va leur fournir plus de films prévus pour leur tranche d’âge et ils vont consommer plus. Imparable ! Cela va avoir des conséquences sur le « troisièmement » ! ( oh, au fait, la grosse différence entre un R et un PG-17, ce n’est pas le niveau de violence mais de nudité. Un film R est plus sexuellement explicite. Caché ce sein mais pas ce lance-roquette . Ameeeeeriiiicaaaaa )



Troisièmement donc. Rango est derrière lui, ILM fignole les détails et Verbinski cherche un nouveau projet. Il se trouve qu’il a été fort impacté par le jeu vidéo Bioshock, dont les droits cinéma sont détenus par Universal Studios. Il entre en négociations avec eux et obtient le job de réalisateur. Avec son compère John Logan, qui avait écrit Rango, il se lance dans l’élaboration du scénario.
John Logan , pour vous situer, c’est le co-scénariste de Gladiator, Skyfall, Spectre et le scénariste tout court de Aviator, The Last Samurai. Pas un petit-joueur donc. Ça tombe bien, Verbinski non plus ! Diantre, enfin un jeu vidéo qui bénéficie d’une équipe visionnaire et capable ? Des gens compétents ?
Nos deux lascars sont emballés par cette histoire d’utopie objectiviste qui tourne mal.

Aparté : l’objectivisme ? C’est une philosophie mise au point par l’auteur Ayn Rand et qui consiste à être un enfoiré égoïste avec des moyens (financiers, intellectuels…les deux en même temps, c’est mieux. Je schématise à mort à mort à mort) et à se rendre heureux soi et ses proches. Ses romans sont les bibles des libéraux absolus et conservateurs ( qui oublient qu’elle était pro-choix et anti-dieu. On retient que ce que l’on veut quand on veut faire de la politique et de l’économie.). Bref, écrasez les autres ou tout du moins ne les laissez pas profiter de vos travaux s’ils sont incapables de les comprendre ou de les apprécier à leurs justes valeurs.
Rapture, la ville sous-marine et cachée de Bioshock est conçue selon cette doctrine. Et comme une telle idée ne peut que virer facho, l’utopie devient dystopie ( et si on rajoute le fait que l’utopie est inatteignable pour l’humain, la chute était inévitable ). Fin de l’aparté, merci de votre attention et de votre compréhension face à ma vulgarisation extrême de l’objectivisme. Je vous invite à aller vous renseigner un peu plus quand même.





Le script avance bien, les story-boards se font, les concepts arts aussi. La pré-production avance malgré quelques anicroches : le réalisateur veut réaliser un PG-17 et le studio refuse.
Mais Verbinski ne lâche rien. Il est persuadé que son approche est la bonne. Alors que son film semble sur les rails, un autre film adapté d’un jeu vidéo, Prince of Persia, se casse minablement la gueule au box-office. Universal saisit le prétexte pour arrêter les frais avec un réalisateur qui, manifestement, a de l’ambition artistique à la place du portefeuille.Il faut vendre du pop-corn, pas faire marcher des neurones et leurs synapses.

Nous sommes à 8 semaines du début du tournage quand le studio annonce : le film, on le fera pas ! Dépité, Verbinski se retrouve tel Alejandor Jodorowsky avec son adaptation de Dune. Une masse de travail énorme n’accouchera donc que d’un film dans la tête du réalisateur.
Son ami Jerry Bruckheimer l’appelle alors pour lui proposer Lone Ranger. Il sort du désastre Prince of Persia et lui aussi a besoin d’un succès pour se remettre en selle. Lone Ranger les coulera tous les deux pour quelques années.
Ironie cosmique, c’est bien Disney (échaudé par Pirates 3) qui produira le film Tomorrowland, de Brad Bird, une histoire de ville secrète utopiste basées sur l’objectivisme et qui a mal tourné. Parce que pour que l’objectivisme fonctionne à plein régime, il faut absolument que tout le monde soit sur la même longueur d’onde et que personne ne remette le système en question (et ça , ça n’arrive jamais. Vous pouvez bannir ou exécuter vos opposants idéologiques, une fois qu’une idée sort de sa boîte, c’est terminé. Elle survivra et trouvera de nouveaux hôtes).
Voila…Lone Ranger, retour au début de cet article. La boucle est bouclée.
Verbinski doit donc de nouveau se remettre en selle. Il va mettre quelques années à le faire.








On ne travaille pas longtemps sur un projet sans qu’il ne vous hante. Et pour exorciser ce film-fantôme , chacun sa méthode. Jodorowsky avait recyclé ses idées pour Dune dans la BD La caste des méta-barons.
Verbinski va le faire sur A cure for wellness. Les points communs seront évidents, et sans spoilers majeurs, juste les détails, je vais tenter de vous le démontrer dans cette critique qui débute enfin après une mise en contexte longue mais nécessaire ! Pardonnez-moi, mais je vais un peu continuer sur cette lancée.

Pour revenir sur le devant de la scène, pourquoi ne pas revenir à ce qui l’avait vraiment révélé au début ? Certes, son premier film, La souris, était fou-fou mais le public n’a pas vraiment suivi. Et le trop sage Le Mexicain n’aura pas marqué les esprits. Mais il y a … The Ring !

Remake américain d’un film d’horreur japonais, The Ring tient le haut du pavé en matière de remake. Non seulement l’histoire est adaptée correctement à l’occident sans dénaturer la nature profonde de la menace et de l’histoire base, mais il se paye le luxe d’être travaillé différemment, de ne pas se contenter de faire du copier-coller. Des ajustements par-ci, des rajouts par-là (dont une séquence avec un cheval totalement flippante), Verbinski livre un film qui ne marche pas aux jump-scares faciles mais qui distille une ambiance, un malaise palpable durant toute la durée de son long-métrage  et qui aura assez de succès pour faire de Naomi Watts l’actrice du moment pendant quelques années encore.
Il élabore une histoire avec le scénariste Justin Haythe qui ira ensuite écrire le script tout seul.

Lockhart (le personnage n’est jamais nommé par son prénom) est un jeune cadre dans une compagnie financière. Petit prodige arrogant et malhonnête, sa gestion de certains dossiers pose problème alors qu’une fusion massive se profile. Cette fusion pourrait être mise en péril par les ficelles que Lockhart a utilisées mais une solution se dessine. Le directeur de la firme, Roland Pembroke, a écrit une lettre depuis un mystérieux centre de cure thermale, en Suisse. Clairement atteint de démence, Pembroke pourrait devenir le bouc émissaire parfait pour les erreurs de Lockhart. Le CA charge donc Lockhart d’aller chercher Pembroke et de le ramener signer certains documents. Le couteau sous la gorge, Lockart accepte.
En Suisse, il découvre l’établissement et dans la foulée remarque qu’aucun pensionnaire ne veut le quitter. Victime d’un accident de voiture en rentrant en ville, Lockhart se réveille la jambe dans le plâtre dans le centre thermal. Il va profiter de ce séjour forcé pour retrouver Pembroke. Mais son exploration des lieux va se révélée ardues tant l’endroit et son histoire semblent baigner dans une atmosphère pesante.
Pourquoi le Directeur, le docteur Volmer et tout son staff soignant se comportent-ils si étrangement ? Et qui est Hannah, cette jeune fille perdue dans un environnement peuplé de personnes âgées ?


Le coup de l’hôpital qui ne vous veut pas que du bien, voila un thème déjà vu. Heureusement pour nous, le terrain est vaste et à peine défricher. On pensera bien entendu avant tout ( car plus récent ) à Shutter Island de Dennis Lehane (oui, il paraît que Scorsese a aussi tenté d’adapter le roman en film. Je reste toujours peu convaincu par cette adaptation à la virgule près mais trop sage)  ou encore la nouvelle d’Edgar Allan Poe  Le Système du docteur Goudron et du professeur Plume qui a inspiré le Hysteria de Brad Anderson ( The Machinist) avec Kate Beckinsale, Michael Caine et Ben Kingsley.






Notons que le docteur maléfique est une figure qui marche bien, même dans les navets.
Nous avons été certes bercés par la figure du savant fou ( avec qui il partage des points communs ) mais le docteur, le médecin, appelez-le comme vous voulez est un formidable réceptacle pour nos peurs et phobies. Sa chasuble blanche étant la parfaite page sur laquelle nous écrirons nos angoisses profondes. Autant vecteur de guérison que de mort ( il ne vous annoncera pas que des bonnes nouvelles au cours de votre vie) , le médecin convoque aussi aisément la figure maléfique du sorcier noir dans nos petites têtes. Tout comme un Voldemort , il a étudié des années à l’abri des regards des pauvres mortels que nous sommes, parle dans un jargon incompréhensible qui sont autant d’incantations et même son écriture se révèle impénétrable sauf pour ses confrères ou les pharmaciens. Ajoutez à ça les scandales bien réels sur les erreurs médicales et les médicaments foireux et vous obtenez un cocktail détonnant. Bref,un docteur en médecine a tout pour faire flipper !

Mais Verbinski va quand même jouer avec nos doutes. Lors de ce plan magnifique d’un train entrant dans un tunnel et se reflétant sur lui-même, n’annonce-t-il pas une sorte de division de la réalité en deux ? Comme si le personnage allait se dissocier ? Ces séquences où Lockhart se perd dans l’hôpital et croit voir les murs se refermer ne semblent-ils pas indiquer qu’il perd la boule et le nord dans un dédale qui pourrait bien n’être que le labyrinthe de sa psyché et de sa santé mentale ? Perdre le spectateur est paradoxalement un bon moyen de le garder attentif pour que lui-même veuille connaître la vérité.




Après tout, notre héros ne quitte-t-il pas un univers froid, sombre et aliénant ( le New-York de la finance, dans un climat pluvieux ) pour rejoindre un village ensoleillé et plein de bon air frais ? Et oui, car l’horreur en plein jour, il faut une certaine maîtrise pour ça, et Verbinski crée des ambiances comme un chef. Il a toujours su s’entourer des bons. Citons bien entendu le directeur photo Dariusz Wolski sur la trilogie pirates qui donnaient aux textures une présence forte sur la pellicule ( la crasse, les vêtements séchés par le vent et les embruns) ou encore celui qui nous intéresse ici : Bojan Bazelli que le réalisateur retrouve après Lone Ranger (où il singeait Wolski avec talent ) mais surtout après The Ring. Ce n’est pas le seul écho à The Ring qui se trouve dans le film d’ailleurs, les deux œuvres possédant en leur sein une scène de violence animalière pas piquée des vers et violemment réaliste. Attention aux âmes sensibles.
C’est à une photo (et une ambiance) chromée et froide, teintée de glauque, que les deux hommes nous invitent ici. Sous la lumière de Bazelli, l’eau prend ici rarement une teinte transparente ou pure. Dès qu’elle sert à immerger un humain , elle devient au mieux trouble, au pire noire et lourde comme du plomb, à faire passer les flaques sombres du Se7en de David Fincher pour émanant d’un centre d’attractions aquatique !




Durant la première partie du film, les angles de vues vont être riches de sens et participer pleinement à la création d’un malaise chez le spectateur qui sont en fait autant d’indices sur les évènements.  Une contre-plongée faisant ressortir un œil qui regarde par une loupe ( «  Faites attention aux détails ! » nous crie l’image). La voiture du héros arrive face aux grilles de l’établissement en pleine plongée ( il est tout petit face à la machine médicale ) , des grilles surmontées d’un caducée trompeur ( ce ne sont pas des serpents, mais des anguilles ) au premier plan qui donnent l’impression de déjà enfermer entre leurs dents le héros qui se trouve dans la limousine au second plan ( et après on viendra tenter de nous vendre que la 3D est l’avenir du cinéma. Mais enfin, le cinéma c’est déjà de la 3D projeté sur un espace 2D, c’est simple pourtant ! La perspective on maîtrise non ? ).
Des symboles fugaces mais forts et oppressants. Et si la jambe plâtrée du héros ne symbolise pas son impuissance ( face aux événements mais également sexuelle, la jeune demoiselle lui étant interdite durant tout le métrage ), que je sois damné !




Bien entendu, il n’y a pas que les symboles qui font l’ambiance. Il y a aussi ce que l’on fait faire aux personnages.
Dane DeHaan incarne ce jeune loup de Wall Street ( il paraît qu’il partage une ressemblance avec DiCaprio : à par le talent, je vois pas ) rusé mais pas si inhumain. Constamment sur le point d’exploser dans cet environnement qui met ses nerfs à l’épreuve, DeHaan ne pète les plombs qu’aux bons moments.
Il fait face à un Jason Isaacs perfide mais avenant, un Lucius Malefoy affable autant que sournois et dont on ne sait jamais ce qui se cache vraiment sous le masque de chair de son visage.
Mia Goth quant à elle incarne avec délicatesse et parfois émerveillement Hannah, une femme enfant exclue du monde qui vit dans le retour d’un père absent qui ne reviendra que lorsqu’elle sera guérie.






Ajoutez un personnel hospitalier froid et inhospitalier ( sans être agressif ou aigri comme dans un hôpital ordinaire ), comme des rouages d’une mécanique qu’ils savent toute puissante. Des comportements plus dérangeants aussi ( comme cette scène de masturbation où l’on ne voit rien mais qui distille un malaise répulsif sous votre peau ) et cette petite bouteille bleue censée contenir des vitamines mais dont on devine vite qu’elle est un enjeu crucial du mystère qui entoure l’endroit. Gore Verbinski ferre son poisson (nous) et ne nous lâche plus même lorsqu’il nous pousse devant le répugnant tout en suggestion ( votre cerveau fait tout le boulot, et c’est pas jojo ) ou le délire gothique.

Et c’est là que le film va diviser. Lettre d’amour absolu aux films de genre et à l’horreur gothique comme on en fait plus ( Edgar Allan Poe, Bram Stoker pour la littérature. Des tas de films de la maison de production Hammer pour le cinéma) ou rarement ( comme le semi-rattage, et donc semie-réussite, The Raven de James MacTeigue dont le héros était Poe justement ), Verbinski va se mettre dans la poche les amateurs et faire fuir les autres qui risquent de trouver les rebondissements ridicules et débiles. Et là, personne n’a tort, personne n’a raison. C’est vraiment une affinité avec un genre qui ici s’imprime totalement dans le film. Et si Gore Verbinski manie l’ambiance gothique, il va y imprimer ses frustrations de Bioshock ! Voila deux choses qu’il aime, et quand on aime on ne compte pas.

Au château perdu dans les Alpes Suisses ( en réalité, toutes les scènes européennes ont été tournées en Allemagne ) qui pourrait servir de domaine à un solitaire Dracula ou Frankenstein, le réalisateur va superposer le principe de communauté qui se coupe du monde pour faire des recherches dans un but tout sauf réellement altruiste ( la ville de Rapture ) , le tout dans une ambiance rétro-futuriste assumée ( Rapture, encore). L’objectivisme randien règne en maître !
Et si les limaces de mer pullulaient à Rapture, au château du Dr. Volmer ce sont les anguilles qui vont et viennent. Et si les «  vitamines » ne viennent pas vous faire penser aux ADM, je ne sais pas ce qu’il vous faut ( amis qui n’avez pas joué au jeu, je suis désolé de vous perdre sous mes considérations. Sachez que ce niveau de lecture n’est pas nécessaire à la compréhension du film).




Les différentes couches et strates du films sont nombreuses. Comme je le rappelais plus haut, quand on aime, on ne compte pas. Et le bas blesse ici. Verbinski aime tellement ses/ces sujets, qu’il ne va rien s’interdire, étirant son film sur 2h27.

Gourmand et généreux envers lui-même , Verbinski coure le risque de gaver son audience comme une oie. L’excès nuit en tout et ceux du réalisateur nuisent à son rythme. Ce qui provoque un ventre mou lors de certains passages et ce malgré une esthétique à se fracturer la rétine et des techniques stimulantes de montages ( le montage alterné, lorsqu’il est bien pensé, comme ici, est puissant mais encore faut-il que le spectateur soit pleinement conscient et pas un peu ennuyé ! ).

A cure for wellness serait une pièce-montée fabuleuse  sur laquelle on n’a pas posé une cerise sur le sommet mais au contour de tous les étages ! Les hypoglycémiques de ce genre de cinéma seront aux anges mais c’est oublié que la majeure partie du public est diabétique ! Et que le bouche à oreille qu’ils profèrent casse l’image du film. Un film qui n’a pas vraiment bénéficié d’une campagne de pub idoine et qui va se planter !

Alors oui, Verbinski nous convie à un repas copieux ( presque indigeste ,presque) mais original ( ce n’est pas une adaptation ni un film de super-héros ) très loin du trop souvent prémâché d’Hollywood ou du gothisme de fast-food d’un Tim Burton post-Big Fish !
Un conte néo-gothique flamboyant de froideur dans sa mise en scène !

Je n’ai pour ma part pas su m’empêcher de voir des allusions à Batman, sans doute fortuites et tenant de la coïncidence, concernant les dernières apparitions du Joker dans la série éponyme. Que les lecteurs de Scott Snyder me donnent leur ressenti sur le sujet, ça m’intéresse.









vendredi 17 février 2017

Step Back in Time # 2 : 65 millions d'années pour le réaliser.

Il y a un avant et un après.
Il y a des événements qui changent les choses, qui changent le regard.
Rares sont les personnes qui peuvent se vanter d’avoir empiler les « avant/après »
Steven Spielberg est de ces personnes.
Il y a un avant Jaws et un après.  Il a inventé le blockbuster ! ( ne jetez pas la pierre, il n’est pas responsable de ce que les autres ont pu en faire).
Il y a un avant E.T et un après. Il a mis fin aux délires d’invasion alien au cinéma ( Independance Day ? De la merde que vous ne regardez plus, même les chaines télé miteuses ne le programment plus. )
Il y a un avant Jurassic Park et un après.  Et lui, va tout changer. En même temps que les dinosaures font tomber les barrières de leurs enclos, les réalisateurs feront s’envoler celles de leur imagination. Tout devenait possible.
Mais je brûle les étapes, pardon.

Nous sommes à la fin des années 80, début des années 90. Spielberg est alors une machine de production à lui tout seul. Il a enchaîné La dernière Croisade, Always et Hook s’apprête à sortir pour le malheur de tous ( je ruine votre enfance ? Pardon. Vous le regardez encore souvent d’ailleurs ? Ah tiens, comme c’est étrange).
Son activité de producteur est à la hausse et il a même des billes dans des séries d’animation de la Warner ( les Tiny Toon, les Animaniacs, et j’en passe). Avant James Cameron, le roi du monde était un petit barbu de Cincinnati ! En alors que Hook est presque fini, Spielby a déjà les yeux vers son futur. Sans se douter qu’il allait défricher celui de son média, le cinéma.




Son prochain projet ? E.R, une histoire centrée sur les heurts , bonheurs et malheurs d’une équipe d’urgentistes dans un hôpital . Le scénario est écrit par Michael Crichton, auteur de romans à succès. Alors que nos deux larrons, amis dans le civil, discutent, Steven le questionne sur son prochain roman. Une histoire de dinosaure dans un parc d’attraction qui déraille (oui voila, ça ressemble à Westworld à la préhistoire, bien vu ! ) .
Les yeux s’écarquillent. L’excitation guette.
Spielberg n’en a plus rien à cirer de ses urgentistes et Crichton pourra aller vendre son scénario à la télévision. Ça révélera George Clooney ( l’homme qui a failli faire tomber Batman mais qui a relevé l’action Nespresso à la bourse ! ).







Spielberg veut réaliser un film tiré d’un roman même pas encore finalisé ! Et ça urge, parce que E.R devait être relativement facile à tourner, où du moins rapide ( unité de temps et de lieux minimale , ça aide pour mettre en boîte rapidement ) et que tonton Steve, il a La liste de Schindler qui commence à se profiler. Un projet lourd, à la logistique monstre pour lequel Spielberg aura besoin de temps pour le finaliser au mieux.
Crichton planche sur le scénario, aidé par David Koep, en même temps qu’il termine son livre. Universal, producteur de Schindler, remporte la guerre entre studios pour l’acquisition des droits. Les deux films sortiront la même année. Deux films diamétralement dissemblables ? Et bien nous verrons plus loin que non.
Il y a deux choses qui stimulent Spielberg plus que de raison à se pencher sur Jurassic Park.
Petit A , Steven Spielberg est issu d’une génération de cinéphiles. Des films l’ont fait rêver étant gosse et voila l’occasion de rendre hommage aux effets de Ray Harryhausen en général et à King Kong en particulier !




Petit B , le thème central du film est le même que La Liste de Schindler.
Un thème qui a traversé la filmo de Spielberg et qui continue de le faire aujourd’hui !
Que nous montre Jurassic Park ?
Dans un lieu coupé de tout, un petit groupe d’individus a isolé une espèce entière et entend la régenter comme bon lui semble. Ce groupe est déshumanisé par la machine bureaucratique qu’ils sont devenus. Et nient la nature vivante même des prisonniers.
D’aucuns se sont adaptés, d’autres vont saisir la chance de se rebeller et de vivre libreq quand l’occasion se présentera sous la forme d’un chaos total.
C’est Jurassic Park dont les dinosaures vont se montrer peu dociles quand Dennis Nedry coupe le système et provoque le chaos.
Ce sont les juifs de Varsovie (certains du moins) qui vont tenter de survivre et de s’évader quand leur prison sera assiégée par l’armée allemande provoquant un chaos dans les rues et les habitations.
Il y aura des morts mais la vie trouvera son chemin.

La machine non-humaine qui tente de réguler la vie ,voire même de la broyer, est un thème cher à Spielberg et on le retrouvera dans d’autres films postérieurs, comme Minority Report par exemple, ou même la Guerre des Mondes.
Et cette machine déraille toujours, elle se fait bouffer de l’intérieur. Voila la croyance de Spielberg qui transpire même dans ses films où il montre bien qu’il n’a plus confiance en l’humain.
Parce que sa conviction est ancrée. Voila pourquoi Jurassic Park est cohérent dans la filmo de Spielberg. Voila pourquoi toute sa filmo est cohérente !


Bon, cet aparté idéologique étant derrière nous, revenons à nos dinos !

Donner vie à des monstres préhistoriques , voila qui a de quoi être excitant…et flippant. Pas le droit à l’erreur. Fini le temps de la stop-motion belle mais voyante ( les mouvements doivent être fluides) ou du déguisement de lézards vivants grimé en dinosaures fantaisistes ( diantre, le public a vu Le petit dinsoaure et la vallée des merveilles ! et sait à quoi doit ressembler un dino au ciné…qui a produit ce film déjà ? ) !
Mais les défis techniques, Steven connaît et il sait où s’adresser : chez ILM, la boîte à effets spéciaux de son copain George (Lucas).  Et c’est là que l’histoire va se jouer. C’est là que l’analogique va rencontrer le numérique. C’est là que l’évolution va se mettre en marche.
Les premiers cinéastes étaient des Géants. Ils ont construit des mondes sans avoir de repères sur l’art qu’ils inventaient.
Les seconds ont vu les films et on imaginés l’avenir : ils étaient doublement des voyants.
Spielberg est de ceux-là. Et son film va lancer un nouveau mouvement. L’évolution se base sur…( allez les gars, ça fait 17 ans que les films X-men en parlent…) la mutation ! Il est là, le temps des mutants débute.  ( cette réflexion est en partie basée sur les titre des trois très gros essais de Pierre Berthomieu aux éditions Rouge Profond ).

Quand une espèce plus évoluée apparaît, elle entraîne la disparition de sa cousine moins adaptée. Mais là, Spielberg ne sait pas encore qu’il va faire tomber le premier domino.
Il pénètre dans ILM en se disant que l’animation stopotion a fait d’énorme progrès et qu’il aura sans doute besoin de gros robots bien balèzes qui ne tomberont pas en panne comme son foutu requin presque 20 ans auparavant !


Bon, là, petit aparté, oui encore !
Les ennuis mécaniques de Bruce ( le requin ; Spielberg l’a nommé ainsi en hommage à son avocat…true stroy ! ) ont fait dire que Spielberg a retourné ce soucis à son avantage en lui permettant de repenser sa mise en scène basée sur la suggestion plus que sur l’illustration.
Ce n’est qu’en partie vrai. Dès le début, Spielberg voulait montrer le requin tardivement pour maximiser sa première apparition. Les soucis techniques l’ont poussé à devoir repenser plusieurs séquences où le requin était prévu pour qu’elles s’insèrent dans cette démarche suggestive ( ce qui a débouché sur un dépassement de temps de tournage et de budget par la force des choses).
Ridley Scott s’en inspirera pour Alien, tout comme il s’inspirera du début de Saving Private Ryan pour l’ouverture de Gladiator. C’est la différence entre un génie et un mec hyper talentueux : y en a un qui passe toujours un peu avant l’autre.

Pour ses "Dents de la Terre", Spielberg ne veut pas revivre les frustrations de ses Dents de la Mer. Mais que l’on ne s’y trompe pas, Jurassic Park n’est pas là pour effacer les affres du passé (et digérés) de Spielberg ni pour faire le minimum syndical en sachant que le public viendra sans aucun doute voir une «  resucée » du requin sous une nouvelle forme.
Les deux films s’ouvrent sur une attaque monstrueuse montée, pensée, mise en scène différemment et avec l’énergie qui convient au projet. Il y a des points communs mais encore une fois, je me répète : la filmo de Steven Spielberg est d’une cohérence rare dans ses thèmes et ses approches.







Bref, Steven sait ce qu’il lui faut et il discute des modalités. Et le jour des premiers essais, tout fonctionne. C’est beau, génial, le film va se faire avec de bonnes vieilles méthodes qui ne subissent plus les accrocs d’antan.
Mais…mais…c’est là qu’entre en scène Dennis Murren.
Murren sort de deux films de James Cameron : Abyss et Terminator 2. Et certains effets ont été créés par ordinateurs. Pas super longs en temps de présence à l’écran mais assez bluffant pour être remarqués. Et Murren en est convaincu, cette méthode en a dans le ventre. Il propose à Spielberg de lui démontrer sa certitude et concocte avec son équipe une séquence mettant en scène le T-Rex. Spielby est bluffé. L’animation est au top et demande moins de lourdeurs dans la réalisation pour insérer les dinos. L’option stop-motion est écartée mais l’animateur Phil Tippet est embauché dans l’équipe de Murren . Après tout, ils ont besoin de références pour animer les mouvements. La nouvelle espèce possède toujours des attributs de l’ancienne et la transition entre les deux est ici pacifique. Mais pour tout un tas de séquences, Spielberg a besoin de robots. Et c’est là que va résider le tour de force.

L’alternance des techniques ! Utiliser le bon outil au bon moment à bon escient. Un plan nécessite un robot ? On prend le robot, un plan a besoin de fluidité ? On prend les images de synthèses. Il faut penser bien en amont les plans et comment ils devront être tournés, et avec quoi ! C’est ce travail qui rend le film si fort visuellement encore aujourd’hui ( ce film a 24 ans et la met encore minable à pas mal de films récents. Quelles sont leurs mauvaises excuses ? )  alors que moins de 15 minutes d’images de synthèses sont en tout utilisées dans le film.  Et chacune sont marquantes, chacune a marqué les esprits ! Quel film actuel peut se vanter de ça ? Et elles ne sont pas marquantes que parce qu’elles sont belles et innovantes pour l’époque. Non, elles marquent parce que la mise en scène et le montage prépare le terrain avant leur apparition.




Le brachiosaure qui apparaît ? Juste avant , la caméra va s’attarder sur les visages et les réactions de Grant et Sattler. Puis paf, ça coupe sur les dinos au loin ! Ensuite seulement on embraye sur Malcolm et son cynisme ( sa note d’humour enfonce le clou ! " Il y est arrivé ce vieux dégénéré ! ")


Le T-Rex s’évade ? Un verre d’eau qui tremble, une chèvre morte qui tombe sur le toit de la voiture, une patte sur un cable et BOUM ! Les piliers tombent, le Roi sort de son antre ! Et le public retient son souffle. Plusieurs fois sur le même film.
Tous les successeurs de Spielberg sur la franchise, je dis bien TOUS, se ramasseront dans les grandes largeurs quand il s’agira d’introduire des menaces gigantesques.
Le navet Jurassic Park III et le nanar Jurassic World ne retrouveront jamais la force évocatrice de Jurassic Park.  Au lieu de se demander comme refaire l’exploit Jurassic Park (impossible, même pour le papa de la chose), la question aurait du être « Que pouvons-nous apprendre des réussites de The Lost World ? » .

Le cinéma étant un art collectif où le réalisateur ( dans le meilleur des cas ) est le capitaine du navire et ses matelots et gradés occupent des postes plus ou moins importants. Les premiers auxquels on pense sont les acteurs ( car nous les voyons à l’écran ).  Le casting est bon, solide. As usual, Spielberg sait tirer vers le haut les acteurs plus jeunes sans rendre leur jeu crispant.
Jeff Goldblum est aussi agaçant que cyniquement amusant dans le rôle de Ian Malcolm et Sam Neill joue un Alan Grant presque désabusé par son métier et la fin annoncée de celui-ci avec l’arrivée du parc jurassique. La rumeur prétend que Spielberg devait initialement tourner avec Harrison Ford qui aurait troqué son rôle d’archéologue pour celui de paléontologue. Je me disais aussi que les chapeaux des deux héros se ressemblaient.



Mais pour voir les acteurs, il faut exciter le pellicule. Et c’est le boulot du directeur de la photographie. Ici, c’est à Dean Cundey qu’il incombe de mettre en lumière les décors.
Cundey n’est ni le meilleur directeur photo ni le pire. Il sort d’une autre collaboration avec Spielberg, Hook. Son approche naturaliste ( dans le sens où sa mise en lumière donne l’impression de voir la réalité nue, comme les superbes clichés du National Geographic par exemple ) aura été catastrophique sur Hook : tourné en studio, son approche de la lumière met en avant que tout est faux et chiqué ! Neverland aurait dû être une Terre du Milieu plus petite et sous LSD, pas un studio ultra friqué mais en toc ! Ce genre de chose peut disparaître grâce à une bonne photo, les gars sur Star Wars et Alien 1 et 2 n’ont fait que ça ! Mais sur Jurassic Park, le choix est payant !

Belles comme le papier glacé du magazine aux couvertures  jaunes cité plus haut, elles donnent l’impression de se balader dans un joli DisneyLand ambiance jungle bien entretenue. Et quand le spectateur se sent comme chez Mickey, tout se détraque et l’impact est renforcé. L’ambiance n’était pas à la peur ou à l’horreur. Et quand ces dernières débarquent, l’effet est maximisé au possible. La pellicule toute jolie se trouve entachée, comme le sang, la tension et le suspens viennent engluer l'image comme du venin de dilophosaure sur une proie !




Mais Spielberg devra noter ses intentions car il ne peut être présent pour l’ensemble du montage.
Il doit partir tourner La Liste de Schindler. Mais à qui laisser son bébé ? À un exécutif du studio ? Non !
Spielberg a un ami. Réalisateur avec un attrait phénoménal pour le montage.
Quelqu’un de carré, qui sait bosser dans les délais ( c’est lui qui inculquera cette notion à Spielberg d’ailleurs. Lui qui dépassait temps et budget sera désormais un gars capable de boucler ses tournages avant la date finale fixée après avoir bossé avec son ami ).
Quelqu’un dont le travail sur Jurassic Park sera méconnu mais cité au générique dans les remerciements : George Lucas.
Lucas va superviser le montage pour son pote en suivant ses instructions et en apportant sa science au projet. L’histoire ne dit pas quelles scènes furent sauvées ou sacrifiées ni par lequel des deux.



Et en l’état, même si Spielberg avait eu le temps de rester, le film ne serait sans doute pas différent. Mais Lucas a sauvé les délais pour Spielberg. Et quand il a vu les résultats , Lucas s’est dit «  Bon sang, ça y est, la technologie pour les épisodes 1 à 3 de Star Wars est prête ! » . Un coup de pouce pour un ami en forme de «  je t’ai laissé mes plans et les pièces, monte-moi cette commode Ikéa » allait lancer le retour de la Force et des Jedi au cinéma…mais ça, c’est une autre histoire !

John Williams, fidèle compositeur de tonton Steven rempile pour cette aventure. Si son thème musical est beau et reste en tête, on ne peut que s’étonner du manque d’ampleur de sa composition. Trop sage, trop convenue. Alors oui, sage et convenue pour du John Williams c’est toujours quelques coudées au-dessus de pas mal d’autres mais au vu des sujets et de la taille du film, on pouvait s’attendre à plus pêchu ! Il se rattrapera et vraiment pas qu’un peu sur The Lost World, une des B.O les plus abouties et qui s’écoute encore d’une traite en CD !

Jurassic Park aura marqué les esprits. Il aura marqué le public, les professionnels ( 3 Oscars !)…mais il aura marqué le cinéma. Il est le film qui a dit «  Désormais, la seule limite de notre media, c’est notre imagination. Les outils sont là, faites marcher vos neurones. » Quel dommage que tant de films ne se reposent sur ses merveilleux outils sans réfléchir sur la façon de s’en servir correctement. Mais cela rend les pépites et les travaux honnêtes et passionnés de certains réalisateurs bien plus puissantes.
Et ces films-là, ils vous apportent quelque chose.

Vous entrez dans la salle de cinéma avec votre paquet de pop-corn et quand les lumières s’allument, vous constatez que vous n’en avez presque pas mangé ! Si plus de films avaient ce pouvoir-là, le taux de cholestérol de l’occident diminuerait et les consciences s’élèveraient peut-être un peu plus ! Non, pensez-y. Vous en connaissez beaucoup vous des films qui vulgarisent la théorie du chaos et l'effet papillon comme ça ou qui change à vie votre vision des dinosaures et des oiseaux ?



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